Le Portail d’Informations Commerciales (PIC) et l'innovation de la simulation des droits et taxes douanières : une boussole numérique pour le commerçant

Office Burundais des Recettes

« Je suis fier de contribuer à la construction du Burundi »

Face aux défis d'asymétrie d'information et de traitement inéquitable, l'Office Burundais des Recettes (OBR) a tenu, du lundi 5 octobre 2026 une campagne nationale de sensibilisation itinérante qui se déploie successivement à Gitega, Muyinga, Ngozi et Kayanza visant à vulgariser le Portail d'informations commerciales du Burundi (PIC) et le fonctionnement du module ASYVal, un outil stratégique intégré à SYDONIA World pour encadrer la valeur en douane.

« Nous voulons que vous sachiez par où et par quoi commencer pour toute opération d'importation et d'exportation. Toutes les informations dont vous avez besoin sont centralisées dans ce Portail d'informations commerciales du Burundi », a déclaré Madame Consolé Uwajeneza, Chef de service Programmes en douanes, lors du lancement des ateliers à Gitega.

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Mme Consolé Uwajeneza, Chef de service Programmes en douanes

 Accessible en ligne (obr.bi), ce portail détaille pas à pas l'intégralité du processus du commerce transfrontalier : permis requis, pièces justificatives, frais à acquitter et estimation du temps de traitement. Pour garantir la prévisibilité financière, le PIC intègre une innovation majeure : un outil de simulation en ligne des droits et taxes de douane pour l'importation de véhicules, ainsi que la standardisation du calcul de la valeur pour toutes les marchandises. Selon Mme Uwajeneza, « la maîtrise de cet outil est un impératif pour éviter les sanctions liées au non-respect des procédures douanières. »

Le module ASYVal : équité fiscale et fin du traitement inéquitable
Pour structurer cette démarche, l’OBR s’appuie sur le module ASYVal. Entré en vigueur au Burundi le 1er juillet 2022, ASYVal sert de base de données nationale des valeurs en douane, conformément à l'Annexe 4 de la Loi sur la Gestion des Douanes de l'EAC et aux directives de l'OMD (2015). Avant son déploiement, la gestion des valeurs reposait sur un fichier manuel interne qui souffrait d'un manque de confidentialité et entraînait un traitement inéquitable, un même produit pouvant être dédouané à des valeurs différentes. Désormais, « le système attribue un code CST unique (4 caractères, case 33) basé sur la position tarifaire, l’origine et le pays d’exportation. Le module impose une valeur minimale (barrière automatique) et une valeur maximale (acceptée mais analysée a posteriori), en appliquant séquentiellement 6 méthodes d'évaluation fondées sur des factures fiables », explique Pacifique Ndayisenga, cadre à l’OBR chargé du service ASYVal.

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 Pacifique Ndayisenga, cadre à l’OBR chargé du service ASYVal.

Un impact financier de 98,2 milliards de BIF et encadrement des recours
Les chiffres démontrent l'efficacité de cet encadrement informatique. « De janvier à mai 2026, alors que le montant global déclaré s'élevait à 263,489 milliards de BIF, le montant redressé par la douane a grimpé à 363,574 milliards de BIF. L’apport direct du module ASYVal s'établit ainsi à 98,238 milliards de BIF de plus-value, soit une hausse spectaculaire de 37 % par rapport aux montants déclarés. », a fait savoir le Commissaire General de l’OBR, Mr Emmanuel Mbonihankuye, au lancenemt de l’innovation de simulation de la valeur en douane.

En outre, en mai 2026, explique le commissaire général, « l'écart a même atteint un pic de 47 %. Une analyse géographique montre que le bureau de BIKBR mène les redressements avec 55,74 % du total national, suivi de BIKYD (20,31 %) et BIPOR (20,09 %) ».

WhatsApp Image 2026-10-12 at 08.22.15 (1).jpeg« Le circuit de la déclaration douanière responsabilise chaque acteur : le déclarant saisit ou demande le CST, tandis que le vérificateur applique obligatoirement l'une des 6 méthodes (case 43). En cas de contestation, l'importateur dispose d'un droit de recours (art. 129 de la loi de l'EAC). Sur 105 recours traités en mai, juillet et août 2026, 43 décisions ont été favorables aux commerçants, 45 défavorables et 17 sont restées en suite réservée », explique Jean Berchmans DUNDAGUZA, analyse d’affaires à l’OBR.

L'appel des commerçants : vulgarisation pratique et traduction en Kirundi
À l'issue des premières sessions à Gitega et Muyinga, Ngozi et Kayanza, les participants ont exprimé une vive satisfaction face à ces innovations qui sécurisent les recettes et fluidifient les échanges. Toutefois, conscients de la complexité technique du système, les commerçants ont formulé des recommandations concrètes à l’OBR. Ils demandent la multiplication de sessions de formation pratique décentralisées pour une meilleure appropriation collective. Enfin, pour garantir une inclusion économique réelle, les opérateurs économiques ont exprimé le souhait ardent de voir les principaux textes réglementaires et lois fiscales traduits en langue nationale, le Kirundi.

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Vue partielle des participants